Face au plan à 100 milliards d’euros jugé à côté de la plaque, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a lancé, lundi, une campagne pour « l’emploi, le pouvoir d’achat, le climat ».
Le PCF entre en campagne. Pas une campagne
électorale, mais « d’actions et de propositions », a annoncé, lundi, son
secrétaire national, Fabien Roussel, lors d’une conférence de presse place du
Colonel-Fabien. « Emploi, pouvoir d’achat, climat : même combat ! » lance
le député du Nord en fustigeant un plan de relance gouvernemental qui fait
l’impasse sur ces préoccupations. « Quand 560 milliards d’euros
sont mis sur la table (460 milliards de plan de soutien et
100 milliards de relance – NDLR), cela doit se concrétiser par une
politique qui donne confiance dans l’avenir. Or c’est tout l’inverse qui se
produit », constate-t-il. Alors que, quelques minutes auparavant, le
premier ministre Jean Castex invitait les entreprises à une « totale
mobilisation » depuis l’usine BIC de Montévrain (Seine-et-Marne),
Fabien Roussel dénonce l’absence de « contraintes et de règles » : « On
en arrive à des situations incroyables où Renault touche 4,5 milliards
d’euros, licencie et se désengage de certains de ses sous-traitants comme les
Fonderies du Poitou ». « Maintenant, on veut des actes », assure le
député qui, pour en obtenir, appelle à la mobilisation sur le Web comme dans la
rue.
Le PCF a ainsi lancé, ce lundi, une
plateforme numérique collaborative (1). « C’est une démarche citoyenne que
nous voulons engager pour construire avec ceux qui se mobilisent sur le
terrain, les ONG, les jeunes pour le climat, les responsables syndicaux, les
salariés en lutte, les associations… » poursuit, le parlementaire. Et
c’est son projet intitulé « la France en commun » (du nom de celui défendu en
2017) que le PCF met en débat sur sa plateforme autour de 17 thématiques
(industrie, démocratie, écologie…). Ces dernières déclinent à la fois des « mesures
d’urgence exceptionnelles » pour faire face à la crise, à l’instar
d’un plan « d’investissement massif » dans la santé, mais
aussi une série de propositions structurelles comme la réduction du temps de
travail, l’interdiction des licenciements boursiers, la relocalisation des
productions, la création d’un pôle public bancaire et financier, ou encore une
réforme fiscale d’ampleur. Sur chacun des sujets, les internautes sont invités
à contribuer en postant leurs propositions, leurs avis, mais aussi en
partageant sur les réseaux sociaux. Cette « agora numérique » pourrait
faire des petits localement, espère Julia Castanier, en charge de la
communication. Elle donnera en tout cas lieu à une série de 17 émissions avec
des spécialistes pour faire la synthèse des échanges.
La mobilisation ne restera cependant pas
virtuelle : le 10 octobre, les communistes appellent à des rassemblements
devant les préfectures pour « demander au gouvernement des actes
concrets dans le cadre du plan de relance pour sauver là une usine, là des
emplois, là un service d’urgences ». « La priorité pour nous, c’est de faire
des propositions, mais c’est aussi de construire avec les personnes concernées
les actions, les mobilisations pour que ça change », détaille l’élu du
Nord qui a multiplié les visites aux salariés menacés, ces dernières semaines.
À l’instar de ceux de Verallia, une entreprise de bouteilles en verre qui « symbolise
le fait que le plan de relance ne sert à rien sauf à continuer de détruire
notre outil productif ». Des luttes et des propositions qui
alimenteront également les projets régionaux auxquels travaille la formation,
qui désignera ses chefs de file pour le scrutin de mars 2021 à la mi-octobre.
JULIA HAMLAOUI

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