La Covid-19 a révélé l’échec des politiques d’austérité et de la course aux profits qui épuise la nature et sacrifie les êtres humains, à commencer par les femmes, au détriment de toute la société.
Le grand gagnant du plan
« France relance » présenté par le Premier ministre, c’est le
capital. Ce sont les mêmes vieilles recettes néo-libérales de baisse des impôts
qui sont utilisées sans aucune garantie de développement de l’emploi. 20
milliards sont donnés sans contrepartie. Pire, à l’image du CICE, l’argent
public est massivement versé à des entreprises qui licencient. La France a
besoin d’un changement majeur de politique.
Le chômage et la précarité ne sont pas
une fatalité ! Nous proposons d’engager une révolution sociale et écologique de
la production en partant de l’emploi pour répondre aux défis de notre temps en
imposant deux exigences :
- Mettre l’argent de l’État, des banques, des
entreprises au service de l’emploi et des services publics. Il faut baisser
le coût du capital (dividendes, intérêts bancaires) pas celui du travail !
- Créer un nouveau système garantissant une
sécurité d’emploi et de formation. Plus que jamais la crise sanitaire et
économique nécessite de permettre à chacune et chacun de conjuguer liberté
par une mobilité choisie et sécurité accrue de ses revenus et de ses
droits.
Cette proposition prend appui sur
l’aspiration partagée à une formation et à une mobilité choisie, à un travail
utile et qui ait du sens, à l’égalité professionnelle femmes-hommes, comme sur
la nécessité d’élever le niveau de formation et de qualification. Et parce que
nous ne pouvons pas faire confiance au marché pour organiser la production,
cela exige de nouveaux pouvoirs des travailleurs·euses, des citoyen·ne·s et la
construction de nouvelles institutions politiques.
En lien avec cette proposition, nous
portons immédiatement cinq exigences dans le débat public à travers une
pétition nationale :
- Interdire les licenciements des grands groupes
bénéficiant de fonds publics et instaurer un droit de contre-proposition
des salarié·e·s et des habitant·e·s permettant de mobiliser l’argent des
banques.
- Objectif zéro jeune rentrant sur le marché de
l’emploi au chômage ou sans formation correctement rémunérée.
- Augmentation des salaires, des minima sociaux, un
revenu minimum décent pour les 18-25 ans et l’application stricte de
l’égalité professionnelle femmes-hommes et la fin du racisme et de toutes
les discriminations.
- Un plan d’embauche et de formation dans la santé
et l’éducation nationale et l’annulation des fermetures de lits,
d’hôpitaux, de classes et de postes. Le remplacement de Pôle emploi par la
mise en place d’un service public de l’emploi et de la formation, doté
d’une mission de sécurisation et de formation.
- Un fonds de sécurisation de l’emploi, de la
formation et pour la transition écologique, géré démocratiquement, pour
agir sur les décisions des grandes entreprises et des banques et faire
contribuer le capital et les profits.
Nous appelons les communistes à se
mobiliser dans chaque département pour faire émerger les besoins en matière
d’emplois et en solidarité avec les salarié-e-s menacé-e-s par des plans de
licenciements.
Partout en France, proposons à nos
concitoyen-ne-s – salarié-e-s, habitant-e-s, élu-e-s - de créer des comités de
défense des emplois, des compétences, de capacités de production pour les
accompagner dans leur lutte, demander des comptes sur l’utilisation de l’argent
et faire des propositions pour l’emploi et la transition écologique.
C’est en partant de ces luttes que nous pourrons appeler à la création de conférences permanentes (régionales et nationale) pour l’emploi, la formation et la transformation productive écologique, institutions publiques nouvelles devant lesquelles des engagements chiffrés d’emplois et de mises en formation seront pris, suivis et contrôlés démocratiquement, en lien avec les besoins de production et de services publics. Ces conférences seront dotées de fonds permettant de mobiliser l’argent des entreprises et des banques.
Résolution du Conseil national
- Paris, le 6 septembre 2020

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