Certes, cette année, les participants
furent moins démonstratifs. Ils n’ont pu se serrer dans les bras, s’embrasser,
danser ou communier dans d’immenses concerts. Mais la Fête de l’Humanité a tenu
sa promesse de fraternité, d’antidote à la sinistrose, de creuset d’avenir.
L’enthousiasme et la combativité étaient au rendez-vous.
La participation assidue aux prises de
parole comme aux concerts, aux expositions ou aux rencontres avec les écrivains
était comme un défi lancé contre tous les virus qui rongent nos sociétés. La
quasi-totalité d’entre eux n’ont aucune origine naturelle mais sont bien
infusés par un capitalisme financier dont il s’agit, avec urgence, de se
libérer tant le risque de catastrophes humaines et environnementales est grand.
Les milliers de participants en divers lieux du pays et devant leur écran ont
« déconfiné » l’indispensable Fête au moment même où s’avance un tsunami social
trop sous-estimé sur une société minée par une guerre de classe amplifiée en
haut lieu.
Comme en écho aux manifestations des
gilets jaunes et en prélude, à la journée d’action de jeudi prochain, la Fête
de la riposte, la Fête des réfractaires, a rendu hommage aux premiers de
corvée, ces travailleuses et travailleurs héroïques du confinement et grands
oubliés du plan de relance des inégalités concocté par le gouvernement. Elle a
lancé des pistes pour que de nouveaux états généraux de la culture puissent se
réunir afin de penser l’avenir de tout un secteur en lambeaux. Elle a donné la
parole au personnel de santé, aux salariés confrontés à la salve de plans de
licenciement. Un public attentif, fourni et concentré y a applaudi chaque
représentant des forces de gauche et écologistes comme pour manifester son désir
d’union dans le droit fil de l’enquête que nous avons publiée vendredi. Théâtre
d’un historique débat public, projet contre-projet, entre le président du Medef
et le secrétaire général de la CGT, elle a permis de montrer que deux visions
fondamentales de la société s’affrontent.
Le Secours populaire y a proclamé : « Tout
ce qui est humain est nôtre. » Et ces mots ne furent pas vains, si
l’on en juge par le succès de la grande braderie dont les recettes s’ajouteront
à celles des bons de soutien pour venir en aide aux enfants des familles qui en
ont le plus besoin.
Utile, cette Fête l’était assurément à plus d’un
titre. D’abord, pour résister encore et toujours, combattre, dresser les têtes
et raffermir les cœurs, affronter solidairement les jours difficiles qui
s’annoncent. Vous pouvez continuer à la faire vivre sur notre plateforme
numérique. Son financement et la solidarité avec les actions du Secours
populaire se poursuivent, avec la vente du bon de soutien afin que l’Humanité puisse
toujours mieux vous servir.

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