Les députés ont débattu jeudi de
l’orientation des finances publiques pour 2021, à nouveau dictée par les dogmes
libéraux.
À en croire le débat sur l’orientation des finances publiques, qui s’est
tenu jeudi à l’Assemblée nationale, le gouvernement n’a retenu aucune leçon de
la crise sanitaire. Pour 2021, Bercy prévoit d’augmenter les crédits alloués
aux différents ministères de 7,17 milliards d’euros (au profit notamment
de l’éducation nationale et des armées), tandis que leurs effectifs seront
« stabilisés » (avec des augmentations pour la justice, la police et la santé).
Une méthode dénoncée par la gauche de
l’Hémicycle
Un plan de financement en somme assez classique, fidèle à la politique mise
en place depuis 2017, et qui ne prend pas le virage attendu « du renforcement
de l’État, capable de reprendre la main sur son économie, et de répondre aux
besoins du pays, en rapport avec les urgences sociales et écologiques »,
déplore le député et secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.
Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a
toutefois indiqué que ces crédits ne tiendront pas compte du plan de relance,
isolé dans une mission budgétaire spécifique. Reste que, pour le ministre, le
« seul et unique objectif économique » est de « retrouver dès 2022 un niveau de
richesse national pour la France équivalent à celui de 2019 » : les prévisions
de Bercy envisagent une récession d’environ 11 % en 2020, et une
croissance de 8 % sur l’année 2021. « Ce n’est certainement pas en
engageant des dépenses publiques tous azimuts, sans aucune considération pour
le modèle économique, que nous y arriverons. C’est en faisant le choix résolu
de l’amélioration de l’offre française, en développant l’innovation,
l’investissement », a soutenu Bruno Le Maire. Une méthode aussitôt dénoncée par
la gauche de l’Hémicycle. Fabien Roussel déplore ainsi qu’une nouvelle fois, le
gouvernement a choisi « une politique de l’offre, en continuant d’alléger les impôts
du capital, des plus riches, soutenant la logique de la concurrence libre, quoi
qu’il en coûte aux êtres humains et à la nature ».
De nombreux oublis ont été relevés, comme
les aides directes aux ménages les plus précaires, refusées par la majorité, ou
des mesures concernant la jeunesse, alors que 700 000 personnes arrivent
sur le marché du travail « sans aucun filet pour ceux qui ne trouveront pas
d’emplois et qui ne pourront toucher ni le RSA ni le chômage », alerte la
présidente du groupe PS, Valérie Rabault. Les députés n’ont pas eu le droit à
la primeur du plan présenté au même moment par Jean Castex à Besançon. La
députée socialiste s’inquiète en outre de l’absence des conclusions du Ségur.
Un autre oubli majeur qui ne manquera pas d’être scruté, dès le 24 août,
lorsque le plan de relance sera présenté en Conseil des ministres.
Florent Le Du

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