Le succès de la marche
parisienne, ce dimanche, à l’appel de la Nupes, en témoigne. Le rapport de
forces est entamé.
L’histoire de Prométhée,
toujours recommencée, nous instruit sur notre volonté autant qu’elle nous
incite à la prudence. Et pourtant. Si chaque mouvement social possède sa
logique propre et s’adosse toujours à son époque, la bataille en cours pour
l’augmentation des salaires et contre la «vie chère» s’avère désormais si
puissante, partout dans le pays, qu’elle dit quelque chose d’essentiel sur
notre société et les crises cumulées. Alors que, dans le tréfonds des foyers,
une colère de moins en moins sourde se propage à la vitesse des fins de mois
difficiles sinon impossibles, la grève des travailleurs des dépôts et
raffineries, entamée voilà trois semaines, a servi de détonateur dans un
contexte social déjà éruptif. En vérité, tout était en place pour que cette
mobilisation, en apparence sectorielle, devienne l’affaire de tous les
salariés. Et que ces derniers s’en emparent, prennent le relais.
Les inquiétudes et les
ras-le-bol fonctionnent comme une poudrière, tandis que, malgré les injustices
flagrantes et les inégalités, le duo Macron-Borne continue d’imposer les pires
régressions sociales. La situation internationale anxiogène se mêle aux
obstacles de la vie quotidienne, qui laminent les familles populaires de
l’intérieur. Comment payer son loyer ? Comment remplir son
chariot de courses, bien avant les fins de mois ? Et, d’ores et déjà, comment ne
pas subir l’angoisse de ne plus pouvoir honorer ses futures factures d’énergie ? La flambée des prix pèse comme une menace existentielle, se
transformant en une « obsession » qui écrase tout sur son passage, sachant que le niveau de
la chute de l’indice du salaire mensuel de base continue de s’effondrer…
Le succès de la marche
parisienne, ce dimanche, qui a réuni plus de 100.000 personnes à l’appel de la
Nupes, en témoigne: il y a de la conjonction et de la convergence dans l’air ! Et nous ne pouvons que souhaiter l’élargissement
vers une mobilisation générale pour obtenir une hausse des salaires. Mardi
18 octobre, les grèves toucheront cette fois tous les secteurs, la
pétrochimie, le privé, le public. Le rapport de forces est entamé. Pour
l’heure, le gouvernement refuse d’augmenter les salaires, avec tous les leviers
dont il dispose: le Smic, le point d’indice, l’indexation sur l’inflation, la
taxation des superprofits pour redistribuer les richesses. L’y contraindre
n’est plus impossible – juste à portée de luttes.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire