Pizza plutôt que plateau de fruits de mer et une seule
boule de glace en dessert. Parce que l’inflation ne prend pas de vacances, le
menu des congés d’été 2022 a un goût amer. Et pas que pour les plus modestes.
Flambée des prix oblige, 64 % des Français ont prévu de se serrer la
ceinture. Mais quand on voit qu’un séjour de dix jours pour une famille de
quatre personnes dépasse les 1 900 euros, l’équation devient insoluble pour un foyer aux revenus
modestes. On n’est donc pas étonné d’apprendre
que quatre Français sur dix ne partent pas en vacances.
Pourtant, l’industrie du tourisme se porte plutôt
bien, sans doute dopée par la hausse des tarifs dans le secteur aussi : après une chute historique en 2020, le nombre de séjours repart à la hausse… Il n’en demeure
pas moins que, face aux vacances, les inégalités demeurent. Et s’accentuent,
même. Car les plus modestes vont aujourd’hui moins souvent en vacances qu’il y
a vingt ans. Les personnes ayant un revenu inférieur à 1 285 euros étaient 41 % à partir en
2002. Elles ne sont plus que 37 % en 2022, d’après l’Observatoire des
inégalités.
Des chiffres élevés pour un droit fondamental reconnu
en 1988 dans la loi de lutte contre les exclusions, et dont le rôle social
majeur n’est pourtant plus à démontrer en termes de cohésion sociale et de
mixité. Sauf que la défense du droit aux vacances de qualité pour tous est loin
d’être une priorité politique. Le tourisme social et familial en France, on ne
sait plus ce que c’est… Certains sont trop « riches » pour être aidés, et d’autres, trop pauvres pour partir en vacances.
Les politiques l’ont intégré, point barre.
Et ce n’est pas la loi pouvoir d’achat, débattue au
Parlement cette semaine, qui va y remédier. Des aides ponctuelles pour les plus
modestes, oui. Mais rien de pérenne, comme une revalorisation des salaires,
n’est prévu dans les dispositifs proposés par le gouvernement pour amortir les
effets de l’inflation. Qu’importe, une fois encore, que des millions de
personnes restent au bord du chemin.

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