Le mastodonte du
commerce en ligne a licencié mi-mai un employé de l’entrepôt de Saint-Priest
qui avait dénoncé une prime covid trop faible.
Loué pour sa productivité en 2020, il est soudainement devenu
indésirable. Mi-mai, Éric (1), un salarié de la plateforme logistique
Amazon de Saint-Priest (métropole de Lyon), a été licencié pour insubordination
après avoir critiqué sur la messagerie interne de l’entreprise la politique
salariale du géant du e-commerce.
« Il avait été désigné salarié de l’année par sa direction en 2020
parce qu’il excédait largement les 3 000 colis quotidiens à traiter.
C’était le plus ancien de l’entrepôt (inauguré en 2018 – NDLR) et il
était très impliqué pour essayer d’améliorer l’organisation du travail. Mais il
a eu le tort d’écrire notamment sur la messagerie interne que la prime Covid
était trop faible et qu’elle ne remplissait pas son frigo », explique Frédéric
Leschiera, responsable SUD commerces et services.
Amazon évoque des « comportements déplacés »
Jointe par téléphone, la direction logistique d’Amazon France souligne de
son côté qu’« une décision de licenciement est toujours difficile à prendre
et vient toujours en dernier recours sur la base d’éléments réels », estimant
que « certains comportements déplacés peuvent avoir des conséquences
sur les autres équipes ».
L’entreprise affirme par ailleurs « (valoriser) la diversité des
opinions et les revendications » des salariés, et vante le salaire des
employés de la logistique « de 26 % au-dessus du Smic » jugé « attractif » et
les 2 % d’augmentation octroyés dans le cadre d’un accord NAO (négociations
annuelles obligatoires) « salués par les représentants du personnel et
les salariés ».
Une manifestation devant le site de Saint-Priest
Une générosité à relativiser lorsque l’on sait que rien qu’au premier
trimestre 2021, le groupe de Jeff Bezos avait pourtant triplé son résultat net
pour atteindre 8,1 milliards de dollars. SUD commerces appelle à une
manifestation, mercredi, devant le site de Saint-Priest entre 18 heures et
22 h 30 pour exiger la réintégration d’Éric.
(1) Le prénom a été modifié.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire