Monsieur
le préfet de la Seine-Saint-Denis vient d’informer notre Maire, François Dechy,
que compte tenu des difficultés
actuelles d’approvisionnement du Vaccin Pfizer, la préfecture et
l’ARS, se voyaient contraintes de différer l’ouverture des Centres de Vaccination dont le lancement était
initialement prévu le 1er février, dont celui de Romainville. Monsieur le Maire
nous précise « que choix du Centre Municipal de Santé de Romainville comme
centre de vaccination n’est pas remis en cause. Il pourra ouvrir dès que l’Etat
sera en mesure de rétablir la chaîne d’approvisionnement » et que « les
équipes se tiennent prêtes et nous ne manquerons pas de vous informer en temps
réel des évolutions de la situation ». Nous le remercions de nous tenir
informés.
Qu’il nous
soit cependant permis de noter la légèreté avec laquelle le gouvernement, sous
la houlette de messieurs Macron et Castex, a engagé cette campagne de
vaccination. Le mot d’ordre répété à l’envi était, faites-vous vacciner,
faites-vous vacciner ! Sauf qu’il manque l’essentiel : les vaccins.
Depuis le jeudi 14 janvier, les personnes de plus de 75 ans et celles atteintes
de graves maladies essaient, en vain, d’obtenir un rendez-vous. Impossible dans
les 17 centres que compte notre département. Avec les vaccins actuellement
disponibles si rien ne change, il faudrait compter 8 mois pour vacciner les
Romainvilloises et Romainvillois concerné-e-s !
Devant un
début de campagne de vaccination totalement raté, il fallait communiquer, en
bousculant le calendrier prévu à l’origine. Ce qui a été fait le jeudi 14
janvier par une kyrielle de ministres. Les vaccins
contre le Covid-19 existent : ils ont été mis au point grâce au travail de
recherche mené dans des laboratoires publics pendant des décennies et aux
montagnes de fonds publics pour le développement, les essais cliniques, la
logistique, etc. Ils existent, mais les laboratoires qui, comme Moderna ou
BioNTech, ont remporté la course de vitesse, sont en fait incapables de les
produire à la hauteur des besoins.
Du coup, partout, les signaux de pénurie se multiplient… Ce sont des
calculs d’apothicaires qui permettent d’inoculer six doses avec un flacon de
cinq. Ou encore des méthodes semblables à celles d’apprentis sorciers qui
consistent à renvoyer aux calendes grecques la seconde injection. Alors que la
première aura lieu pour certains, dans plusieurs mois, à ce rythme. Les États
européens et la France, au premier rang, ont les moyens d’imposer un autre
régime de production des vaccins contre le Covid-19. Sans aller jusqu’à
l’indispensable remise en cause du régime des brevets, telle que portée, ces
derniers mois, par l’Afrique du Sud notamment devant l’Organisation mondiale du
commerce (OMC), ils peuvent utiliser les cadres législatifs existants, avec
toutes leurs limites. C’est encore, à ce stade la volonté politique d’affronter
BIG PHARMA qui manque…
Depuis mars 2020, l’Allemagne dispose, par exemple, d’un cadre permettant
d’aller jusqu’à l’expropriation en cas d’urgence pandémique. Avec son texte sur
l’état d’urgence sanitaire, la France détient également plusieurs cartes pour
réparer un système privé défectueux : elle a ainsi la possibilité de « prendre
toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments
appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire » et elle
peut aussi procéder à la « réquisition de biens ou de services ».

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