mardi 19 janvier 2021

Vaccins : la pénurie !

 


Monsieur le préfet de la Seine-Saint-Denis vient d’informer notre Maire, François Dechy, que compte tenu des difficultés actuelles d’approvisionnement du Vaccin Pfizer, la préfecture et l’ARS, se voyaient contraintes de différer l’ouverture des Centres de Vaccination dont le lancement était initialement prévu le 1er février, dont celui de Romainville. Monsieur le Maire nous précise « que choix du Centre Municipal de Santé de Romainville comme centre de vaccination n’est pas remis en cause. Il pourra ouvrir dès que l’Etat sera en mesure de rétablir la chaîne d’approvisionnement » et que « les équipes se tiennent prêtes et nous ne manquerons pas de vous informer en temps réel des évolutions de la situation ». Nous le remercions de nous tenir informés.

 

Qu’il nous soit cependant permis de noter la légèreté avec laquelle le gouvernement, sous la houlette de messieurs Macron et Castex, a engagé cette campagne de vaccination. Le mot d’ordre répété à l’envi était, faites-vous vacciner, faites-vous vacciner ! Sauf qu’il manque l’essentiel : les vaccins. Depuis le jeudi 14 janvier, les personnes de plus de 75 ans et celles atteintes de graves maladies essaient, en vain, d’obtenir un rendez-vous. Impossible dans les 17 centres que compte notre département. Avec les vaccins actuellement disponibles si rien ne change, il faudrait compter 8 mois pour vacciner les Romainvilloises et Romainvillois concerné-e-s !

 

Devant un début de campagne de vaccination totalement raté, il fallait communiquer, en bousculant le calendrier prévu à l’origine. Ce qui a été fait le jeudi 14 janvier par une kyrielle de ministres. Les vaccins contre le Covid-19 existent : ils ont été mis au point grâce au travail de recherche mené dans des laboratoires publics pendant des décennies et aux montagnes de fonds publics pour le développement, les essais cliniques, la logistique, etc. Ils existent, mais les laboratoires qui, comme Moderna ou BioNTech, ont remporté la course de vitesse, sont en fait incapables de les produire à la hauteur des besoins.

 

Du coup, partout, les signaux de pénurie se multiplient… Ce sont des calculs d’apothicaires qui permettent d’inoculer six doses avec un flacon de cinq. Ou encore des méthodes semblables à celles d’apprentis sorciers qui consistent à renvoyer aux calendes grecques la seconde injection. Alors que la première aura lieu pour certains, dans plusieurs mois, à ce rythme. Les États européens et la France, au premier rang, ont les moyens d’imposer un autre régime de production des vaccins contre le Covid-19. Sans aller jusqu’à l’indispensable remise en cause du régime des brevets, telle que portée, ces derniers mois, par l’Afrique du Sud notamment devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ils peuvent utiliser les cadres législatifs existants, avec toutes leurs limites. C’est encore, à ce stade la volonté politique d’affronter BIG PHARMA qui manque…

 

Depuis mars 2020, l’Allemagne dispose, par exemple, d’un cadre permettant d’aller jusqu’à l’expropriation en cas d’urgence pandémique. Avec son texte sur l’état d’urgence sanitaire, la France détient également plusieurs cartes pour réparer un système privé défectueux : elle a ainsi la possibilité de « prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire » et elle peut aussi procéder à la « réquisition de biens ou de services ».

 

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