Disparités et précarité accrues, exposition aux
risques sanitaires, économies à bout de souffle… De l’Asie à l’Afrique, des
hommes et des femmes se retrouvent sans ressources.
C’est une des rares bonnes nouvelles par
les temps qui courent… Les pays pauvres ou à faibles revenus pourraient enfin
voir arriver des vaccins contre le Covid. L’initiative mondiale Covax, un
moment mise en veilleuse, annonce la signature d’un contrat d’achat anticipé
portant sur 40 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech. Il serait
question de fournir 2 milliards de doses d’ici à la fin de l’année, dont
au moins 1,3 milliard à 92 pays. Une fenêtre d’espoir pour des
populations qui subissent la foudre de la pandémie dans la pauvreté, le
chômage, l’insuffisance de soins de santé et l’incapacité financière des
gouvernements à leur venir en aide.
« Des milliards de personnes menaient déjà
une vie précaire lorsque la pandémie a frappé. Elles n’avaient ni les
ressources ni le soutien nécessaire pour résister à la tempête sociale et économique
que la pandémie a déclenchée. Plus de 3 milliards de personnes n’avaient
pas accès aux soins de santé, les trois quarts des travailleuses et des
travailleurs n’avaient aucune protection sociale, et dans les pays à revenu faible et
intermédiaire de la tranche inférieure, plus de la moitié des tr availleurs
et travailleuses étaient en situation de pauvreté active », relève
Oxfam dans son rapport, « Covid-19 : le virus des inégalités ».
Les tentatives d’exil se mutiplient
Des inégalités qui se creusent, les
couches aisées s’en tirant à bon compte, et un virus qui commence à inverser la
baisse de la pauvreté dans le monde au cours des deux dernières
décennies. « Des centaines de millions de personnes ont perdu leur
emploi et sont confrontées au dénuement et à la faim. D’après les estimations,
entre 200 millions et 500 millions de personnes supplémentaires
pourraient avoir basculé dans la pauvreté en 2020. Il faudra sans doute
attendre plus d’une décennie avant que le taux de pauvreté ne retrouve son niveau
d’avant la crise », note l’ONG.
Les travailleurs et travailleuses de l’ombre, dans
l’économie informelle, soit 61 % à l’échelle mondiale, traversent
notamment de dures épreuves. Pas de télétravail, de distanciation sociale,
d’allocation chômage, exposition plus élevée aux risques… Les femmes sont les
plus concernées, représentant 40 % des pertes d’emploi totales attendues
au Moyen-Orient et en Afrique. Ces vies accrochées à des filets de précarité
s’effondrent dans le désespoir. Dans les pays du Maghreb, elles nourrissent la
colère des jeunes chômeurs, privés de petits jobs de survie. Les tentatives
d’exil dans des conditions périlleuses se multiplient dans le contexte de la
pandémie. La crise alimentaire prend une nouvelle ampleur sous l’effet de la catastrophe
sanitaire : elle frappait quelque 270 millions de personnes fin 2020, soit
une hausse de 82 % comparé à 2019, selon le Programme alimentaire
mondial. « Un impôt sur les bénéfices engrangés par les multinationales
au cours de la pandémie de coronavirus pourrait générer 104 milliards de
dollars, selon les calculs d’Oxfam. Soit suffisamment pour
proposer des allocations chômage ainsi qu’une aide financière pour tous les
enfants et tous les seniors dans les pays les plus pauvres. » Le rêve
d’un autre monde.

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