La loi de « sécurité globale », quel
pétrin ! Chaque jour s’ajoute une initiative malheureuse du pouvoir qui accroît
la confusion. Avec un seul objectif : surtout ne rien faire qui puisse accorder
le point aux manifestants. Et c’est bien là l’origine des problèmes. Car hors
du retrait des dispositions contestées, aucune solution ne se dessine.
L’instrumentalisation des « casseurs »,
qui ont encore montré leur pouvoir de nuisance, samedi, à Paris et dans
quelques autres villes, en dépit d’un gigantesque déploiement sécuritaire, est
une de ces impasses. Une syndicaliste policière, peu en empathie avec les
manifestants, exprimait récemment sur une chaîne d’information le désarroi des
forces à qui l’on ordonne de ne pas empêcher des perturbateurs parfaitement
identifiés de se fondre dans les cortèges pacifiques. Les victimes, on le sait,
sont à la fois ces agents que le gouvernement prétend vouloir « protéger »,
et les manifestants que l’on réprime en les amalgamant avec des « black block »
avec lesquels ils ne partagent rien, et surtout pas la haine de la police.
Traités comme de véritables idiots utiles par le pouvoir dans l’espoir de
susciter une demande d’ordre dans le pays, les casseurs sont devenus le symbole
de l’échec des autorités à garantir le droit de défiler sans danger.
Pour ne rien arranger, voici qu’Emmanuel
Macron accomplit l’exploit de se mettre à dos les syndicats de policiers en
plus des manifestants. En cause, ce geste qui eût été significatif en toute
autre période, mais inadapté aux circonstances du moment : l’ouverture d’une
ligne téléphonique pour signaler les discriminations. Emmanuel Macron espérait
que la mesure soit prise au sérieux par les seconds, tout en restant indolore
pour les premiers : c’est l’inverse qui se produit. Gadget pour les uns, elle
sonne comme un désaveu insupportable pour les autres.
On veut pourtant croire que la raison peut encore
l’emporter au sujet de la proposition de loi de « sécurité globale ». « Quand
on voit l’émoi que ça crée, on est tous en train de se le dire : ce n’est pas
un bon chemin », a admis le chef de l’État. La lumière est peut-être
au bout du tunnel.

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