Le parti pris droitier et pro-business qu’illustrent
les dernières nominations du président élu alimente inquiétudes et colère des
progressistes.
Les dernières nominations de Joe Biden
dans sa future administration renforcent toutes les inquiétudes des
progressistes qui s’étaient engagés dans la campagne des primaires démocrates à
soutenir Bernie Sanders. La désignation de Brian Deese comme chef du Conseil
économique national à la Maison-Blanche a ainsi suscité beaucoup d’émoi au sein
de l’organisation de jeunes défenseurs de l’environnement Sunrise. Deese va en
effet quitter les étages supérieurs du building de BlackRock, la société
d’investissement mastodonte de Wall Street et de toute la planète financière,
pour devenir le principal conseiller économique de la Maison-Blanche. De jeunes
écolos rassemblés devant l’édifice de BlackRock à Manhattan s’indignent : « Ils
sont les principaux actionnaires des plus grands pollueurs de la planète. Leur
recrutement est incompatible avec une vraie politique de changement. » La
qualité brandie par Deese de responsable du département « développement
durable » du mastodonte financier ne saurait calmer la moindre inquiétude. La
nouvelle recrue côtoiera au sein du cabinet Biden, Wally Adeyemo, futur
vice-ministre des Finances qui est aussi un ex-top manager de… Black Rock.
Neera Tanden, recrutée à la tête du Bureau
de la gestion et du budget, organisme clé dans l’orientation des politiques
économiques et sociales, nourrit aussi colère et inquiétudes. Tanden s’est
engagée en effet au tournant de la décennie 2010 sur des coupes dans les
retraites de la sécurité sociale (social security), l’assurance-vieillesse
publique qui garantit aux États-Unis l’accès à une faible pension,
singulièrement aux plus démunis n’ayant pu se couvrir avec une police
d’assurance privée.
Des choix « aussi classiques que corrompus »
Pour mettre en œuvre une réduction à long
terme des déficits, Tanden plaida auprès de l’administration Obama qu’il ne
fallait « pas seulement demander des sacrifices à la classe moyenne,
mais à tous les Américains ». Elle se heurta à l’époque à Bernie Sanders.
Et les relations entre le sénateur du Vermont et la nouvelle promue du
gouvernement Biden, qui ne s’étaient guère apaisées entre-temps, se sont
nettement envenimées dans la dernière période. Tanden compta en effet comme
l’une des personnalités les plus vindicatives de l’establishment démocrate
contre la candidature Sanders. Sa nomination confirme un lâchage d’une gauche
déjà ignorée.
Le journaliste progressiste d’investigation, proche de
Sanders, David Sirota analyse que ces choix « aussi classiques que
corrompus » ramèneraient aux phénomènes qui ont aggravé les
souffrances sous la précédente administration. Et de prévenir : « Ils
sont le carburant de l’émergence d’un autre Trump, mais pire encore que le
premier. »

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