Une question tragique se pose désormais :
le gouvernement est-il un ennemi de nos libertés publiques ? Après les lois sur
la sécurité globale et sur le « séparatisme », le ministère de l’Intérieur
vient d’utiliser l’un de ces procédés qui nous rappellent des heures sombres de
notre histoire. L’affaire est passée inaperçue, vendredi 4 décembre, comme
si tout avait été mis en œuvre pour qu’un nouveau joug s’abatte sur nous loin
des regards, perdu dans le flux des annonces du Journal officiel.
Trois décrets viennent d’apparaître, imposés sans débat. Ils aggravent encore
les capacités de flicage des citoyens.
Attention danger ! Sous couvert de lutte
antiterroriste, ces décrets autorisent dorénavant de ficher les personnes en
fonction de leurs opinions politiques, de leurs convictions philosophiques et
religieuses ou de leur appartenance syndicale. Jusque-là, les activités
politiques, religieuses ou syndicales pouvaient être fichées. Maintenant, les
seules « opinions » suffisent pour alimenter les officines de la police. En
clair, les services pourront recueillir des informations sur l’opinion des
personnes surveillées, leurs pseudonymes ou des données de santé, le tout pour
des finalités si élargies qu’elles dépassent largement le cadre de la sécurité
publique. Être suspect pour certains actes était une chose ; le devenir pour ce
que nous pensons en est une autre. Que devient dès lors la liberté de
conscience, pilier de notre République laïque ?
Sarkozy en avait rêvé, en 2008, avec son fichier de
police Edvige. Macron et Darmanin le réalisent ! Ainsi la dérive sécuritaire du
pouvoir actuel semble ne plus avoir de bornes. Mais qu’entendent-ils donc faire
des nouveaux fichés ? Que risquons-nous, dans cette préfiguration d’un futur
aliénant ? Car ces fichiers ouvrent la voie à la possibilité du pire. Imaginez,
en effet, que ces dispositifs soient au service d’extrémistes plus
identifiables encore. N’importe qui se retrouverait fiché, traqué, au cœur
d’une dictature « légale »…

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