Que ce soit sur le plan environnemental, économique, sociétal ou social, le constat est toujours le même. Une certitude domine chez les actionnaires et les dirigeants du CAC 40, celle d’une totale impunité. Voilà ce qui ressort du rapport de l’Observatoire des multinationales sur le vrai bilan du CAC 40.
Rémunérations indécentes, profits
pharaoniques, mépris de la vie humaine, de l’environnement… Seuls comptent la
rentabilité, le taux de profit et les milliards. À ce sentiment d’impunité
s’ajoute un « foutage de gueule » à toute épreuve. Le CAC 40 communique
beaucoup sur l’égalité femmes-hommes, sur les enjeux environnementaux et la
responsabilité sociale, les créations d’emplois… mais tout cela n’est que
« washing », qu’il soit « green », « pink » ou « ethics », comme le prouve le
rapport. Et pourquoi le CAC 40 se priverait-il de mentir éhontément ? Qui
lui réclame des comptes ? Certainement pas nos dirigeants. Depuis vingt ans,
ses entreprises voient leur chiffre d’affaires et leurs profits augmenter, et les
dividendes exploser. Seul indicateur à la baisse : les emplois en France.
Cerise sur le gâteau, cette année, pour faire face à la crise, des dizaines de
milliards d’euros ont été débloqués sans aucun contrôle, sans aucune exigence.
Le bilan : deux tiers de ses entreprises ont maintenu le versement de juteux
dividendes et un tiers a même osé en verser alors que des milliers de leurs
salariés étaient rémunérés sur fonds publics, via le chômage partiel.
Nos dirigeants acceptent de se laisser dépouiller de tous
pouvoirs. Ils organisent leur propre impuissance. Non parce qu’ils seraient
faibles et débiles, mais parce qu’ils ne sont que les commis de ces grands
groupes, pour qui ils écrivent et votent des lois organisant leur impunité.
C’est ce vol en bande organisée que dénonce l’Observatoire des multinationales.
Le CAC 40 est l’héritier de ces marchands de blé que dénonçait Robespierre, ces
spéculateurs qui ont osé « prétendre que toute espèce de
gêne, ou plutôt que toute règle sur la vente du blé, était une atteinte à la
propriété, et déguiser ce système barbare sous le nom spécieux de la liberté
(…) ».

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