Cinq ans déjà, depuis cette terrible soirée du massacre, inscrite à jamais dans nos mémoires, dans les corps et l’esprit de celles et ceux qui vécurent ces heures. Cent trente jeunes gens ont été assassinés, 400 blessés, par des terroristes dont la défaite de la raison avait fait des monstres, usurpant une religion.
On sut alors, plus encore qu’après la
tuerie de Charlie Hebdo, que, oui, il y avait des réseaux armés se réclamant
d’une conception criminelle et dévoyée de la foi, déterminés à tuer, à nier
notre mode de vie, les valeurs de la République, la laïcité, la liberté d’expression
et qu’il nous fallait les combattre, sans merci. La menace demeure.
Conflans-Sainte-Honorine, Nice, ces assassinats nous disent que nous
n’en avons pas fini avec les actes terroristes se réclamant de l’islam.
Nous n’en avons pas fini non plus avec le
cynisme. Le Rassemblement national et une partie de la droite, le premier
ministre lui-même, entendent tracer ou suggérer un signe d’égalité entre
terrorisme et immigration. Le ministre de l’Intérieur voit dans les rayons
alimentaires des grandes surfaces un terrain pour le terrorisme. Le concept
même de séparatisme, avancé par Emmanuel Macron, est pervers. Tous ces propos,
font entrer l’ensemble des citoyens français de confession musulmane dans une
ère du soupçon tandis que toute une part de la gauche, les universités sont absurdement
désignées comme « islamo-gauchistes », à l’inverse de leurs valeurs.
C’est moralement scandaleux, c’est politiquement
inacceptable et c’est à rebours des luttes à mener. À voir des terroristes
partout, on ne les voit nulle part, on ne les combat pas. Le doute semé pour de
sordides manœuvres politiciennes, sur toute une partie du peuple et de ses
forces politiques et intellectuelles, est un déni de République. Or, c’est bien
de République que nous avons besoin en faisant en sorte que les valeurs
proclamées, d’égalité, de fraternité et de liberté, ne soient pas que des mots,
mais des réalités vécues. Nous en sommes loin et même, nous nous en
éloignons.

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