Le parc à thèmes créé par Philippe de
Villiers s’est autorisé à accueillir 12 000 spectateurs vendredi soir, quand la
loi n’en autorise que 5 000.
Le vicomte de Villiers sera-t-il sanctionné ? Rien n’est moins sûr, alors
qu’aucun membre du gouvernement n’avait encore jugé utile, dimanche, de réagir
à la violation de la loi constatée au Puy-du-Fou, ce parc créé en 1978 par le
nostalgique de la chouannerie. Pour la réouverture vendredi, la Cinéscénie, la
célèbre scène du parc d’attractions, a accueilli 12 000 spectateurs. Pourtant,
le décret du 10 juillet qui énumère les mesures pour éviter la propagation
du coronavirus est limpide : « Aucun événement réunissant plus de 5 000
personnes ne peut se dérouler sur le territoire de la République jusqu’au
31 août 2020. »
Les images des spectateurs du parc vendéen masqués, mais assis les uns à
côté des autres, sans la moindre distance de sécurité ont fait polémique, en
pleine remontée de l’épidémie. Sur les réseaux sociaux, les commentaires
acerbes émanant notamment du monde du football ou du spectacle, contraint de
respecter la règle des 5 000 spectateurs, se sont multipliés. Sous la pression,
le Puy-du-Fou, qui avait programmé 18 représentations d’ici septembre, a
indiqué dimanche que la Cinéscénie n’accueillerait désormais « pas plus de
5 000 spectateurs ».
Une proximité avec l’Élysée qui suscite
des interrogations
La violation de la loi a-t-elle été autorisée ? Le président du Puy-du-Fou,
Nicolas de Villiers, fils de Philippe, a affirmé avoir reçu l’accord de la
préfecture. Le dispositif mis en place – la division des gradins en trois
parties séparées par des parois de Plexiglas – aurait même été jugé « astucieux »
par le préfet des Pays de la Loire, Claude d’Harcourt, a-t-il expliqué vendredi
sur France 3. Dès le lendemain, la préfecture démentait. « Le préfet n’a rien
accepté du tout », expliquait-elle à France Info, rappelant que des
« fermetures administratives » pouvaient être prononcées.
La proximité du vicomte de Villiers avec
l’Élysée suscite pourtant des interrogations. Proche d’Emmanuel Macron, qui
avait fait escale au Puy-du-Fou lors de sa campagne, Philippe de Villiers a
appelé le président pour obtenir la réouverture de son parc d’attractions après
le confinement. Opération réussie. Dès le 21 mai, le souverainiste
annonçait par un tweet que le chef de l’État lui avait annoncé en personne
l’autorisation de réouverture le 2 juin. Cette bienveillance vis-à-vis du
parc à thèmes réactionnaire pourrait aussi venir de l’échelon local. Issu d’une
vieille maison de la noblesse française, le préfet d’Harcourt ne partage pas
que le sang bleu avec le créateur du Puy-du-Fou. Critiqué pour sa froideur après
le décès dans la Loire de Steve Maia Caniço, il y a un an, le haut
fonctionnaire avait aussi été contraint, en janvier dernier, de s’excuser après
des prises de position contre la PMA.
Camille Bauer

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